Hearts and Unicorns (Giant Drag, 2006)  (Années 2000) posté le mardi 07 novembre 2006 21:03

J'essayerai de vous tenir un billet une fois que je les aurais vu en live -ce mercredi peut-être. En attendant, bornons nos impressions à l'écoute du disque. Je n'en étais pas si enchanté au début, mais la perspective de voir le groupe sur scène me fait regarder l'album de plus près. Car en vérité je le regarde autant que je l'écoute. Oui, cette pochette ! Parfaite. Il n'en faut pas plus pour impressionner les esprits faibles comme le mien. C'est-à-dire que lorsqu'un groupe fait bon image, on prend sa musique plus au sérieux. Et franchement, sans cet artifice, le premier album de ce duo américain n'aurait pas grandement retenu mon attention. On dirait les cardigans -voix chaude et sensuelle mais un peu trop rassurante- récitant des morceaux de my bloody valentine et de mazzy star. A cet égard, peut-être aurait-il fallu remplacer le sucre par le sel. Les chansons du groupe semblent en effet un peu molles au début et il faut bien se persuader qu'Annie Hardy tient un couteau dans sa main pour éprouver en quoi le disque a un caractère pervertissant. Parce que selon la critique officielle, il est censé en avoir un. Le morceau de Chris Isaak, wicked games, a été défiguré à cet effet par une guitare saturée. Qui n'empêche pas la version originale d'être bien meilleure. Ce n'est pas grave en fait. Car le reste de l'album est digne d'estime après quelques écoutes. La première des estimes est celle qu'on accorde donc au groupe en vertu de cette pochette originale qui séduit par son érotisme avachi (vous m'excuserez mais elle écarte quand même les cuisses) allié à une perversion crue et nonchalante (le couteau enfoncé dans le jean et auquel se soumet le cœur). La deuxième, un peu trompeuse, vient de ce que l'album est à contre-courant et semble donc original en cette époque (alors qu'il aurait été compagnon de chambrée dans les promotions 91-93). La troisième découle du travail accompli par le groupe et de la production sans faille de l'ensemble. Ce genre de qualités reste très technique, mais cela force toujours un peu le respect. Puis, enfin, viennent les mélodies, les guitares, la batterie, la voix...la musique quoi. Il en aura fallu du temps pour qu'elle se révèle ! Non pas que le disque soit difficile d'accès, puisqu'il n'y a rien d'abscons ici mais c'est juste que la séduction n'opère vraiment que lorsqu'on s'est bien habitué à l'ensemble, lorsqu'on a quitté nos attaches à notre monde pop-rock quotidien, qui en ce moment n'est pas constitué de ce type de chansons, à la fois langoureuses, traînantes et enrouées par une saturation épaisse. Ceux qui ne connaissent pas my bloody valentine seront-ils surpris par les masses bruyantes des guitares qui évoquent pour moi le mugissement lointain et enveloppé d'échos des diplodocus, qui tendent leur cou vers les cimes des arbres pour y arracher des feuilles ? Non, je ne pense pas. D'une part parce que ces fréquences, ces larsens tordus, ont été domptés depuis longtemps -ils n'étonnent plus personne- et d'autre part parce que le groupe ne s'en sert qu'en tant que rudiment -il n'en abuse jamais comme effet de style. Ce maniement du son s'insère dans l'œuvre comme un lieu commun -c'est ce qui en fait à la fois la qualité (le groupe nous fait grâce des expérimentations désagréables de my bloody valentine -l'agonie des diplodocus nous est épargnée) et la limite (une impression de superfluité aux premières écoutes). Mais en ces temps de domination du rock britannique, les techniques de giant drag pourraient avoir valeur d'alternative, ce qui n'est pas plus mal. D'autres trouveront que malgré le bruit apparent, le disque est un poil trop poli encore. Il est chiadé surtout. Les deux compères Annie Hardy et Micah Calabrese, quoique portés sur la noise, restent propres sur eux et n'ont pas créé un disque bordélique et défroqué. L'affaire est menée rondement et quand cette charmante demoiselle pousse la chansonnette, ce n'est ni pour ânonner ni pour brailler. Elle se situe dans un juste milieu, et c'est cette impression tempérée qui empêche le disque d'emporter l'adhésion immédiatement. Un peu plus de fureur et c'était le disque parfait. This isn't it (petite saillie à l'encontre des strokes ? Ce genre d'audace me plaît bien, surtout qu'il faut avoir un peu de présomption pour oser) est un très bon morceau mais il aurait pu être un choc si le groupe avait su allier sa science des tensions (le morceau est très bien construit) avec un plus grand déploiement d'énergie. Cordial invitation et smashing sont eux aussi des titres de haut vol et suffisent pour prédire au groupe un bel avenir ainsi qu'un succès critique, déjà entamé, à défaut peut-être d'un succès public massif, qu'il mériterait pourtant et qui, compte tenu de certaines ressemblances avec les cardigans, pourrait, pourquoi pas, se produire. J'en dirais peut-être des choses différentes après les avoir vus sur scène ; mais les quelques titres resplendissants de leur album suffisent à me faire croire que louper l'opportunité de les voir serait une bêtise inexcusable.

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Nine Times That Same Song (Love Is All, 2006)  (Années 2000) posté le samedi 28 octobre 2006 20:39

Voilà bien six ans qu'on entend parler d'un revival post-punk et c'est seulement maintenant que nous vient le disque idéal pour en lancer la mode. Il arrive de Suède. Ce qui n'a pas dû vous échapper, puisque le groupe est connu depuis bientôt un an sur le web. Il est très bon, vous le savez déjà. Je n'en suis qu'à ma deuxième écoute mais je confirme que le plaisir de ces deux écoutes vaut bien la poignée d'euros dépensés. Premièrement, vous saurez sur quoi danser pendant les soirées d'hiver s'il vous prend l'envie d'organiser quelques réjouissances entre amis. Et, secundo, vous aurez un disque à ranger aux cotés de Funeral. Il y avait bien le disque de clap your hands say yeah pourvu à cet effet, mais il est un peu chiche, pour ne pas dire qu'il ressemble à un joli petit montage de lego. Ce n'est pas que ça ne fasse pas assez sérieux. Love is all n'est pas sérieux non plus, il sent lui aussi le champagne et la frivolité ; mais il a assez de démesure pour faire croire en lui, alors que les apparences factices de CYHSY s'associaient à la douceur colorée des jardins d'enfants. Love is all a une force de frappe et une immédiateté qui l'impose aux sens quand CYHSY fait une musique que l'on dirait en carton-pâte. Il y a eu aussi wolf parade, moins lyrique qu'arcade fire mais peut-être plus conséquent sur le long terme. Seulement on s'éloigne : wolf parade donne dans l'indie-rock US et ne fait pas grand cas des influences disco légèrement perceptibles sur les morceaux les plus dansants de leurs amis. Ce coté disco retrouve beaucoup de vigueur ces derniers temps, comme si la bousculade rock du début des années 2000 devait trouver sa fin dans un re-nouveau dansant, de la même façon que le punk s'était marié au courant disco au début des années 80. Les amateurs de cette époque retrouveront ainsi toute la fureur vocale de l'énorme single d'esg : « you're no good », que ces noires américaines de Brooklyn n'ont pas réussi à reproduire sur leur dernier album (Keep on moving, sorti cet été, assez mauvais et d'un minimalisme rasant). Ils retrouveront aussi la basse bondissante de a certain ratio -sorte de groupe anglais à l'esthétique coloniale marquée qui avait réalisé d'assez bons travaux dans la première moitié des 80' (sextet a été réédité il y a deux ans, chez soul jazz records). Et surtout chacun retrouvera la grandiloquence assumée d'arcade fire. Dans l'unique but de danser (avec des larmes aux yeux ?) car l'emphase collective n'est pas celle des funérailles mais celle de la fête. Les chœurs font penser à ceux  de « wake up », autant qu'ils rappellent les la-la-la du formidable « sons and daughters of hungry ghosts » de wolf parade (un des meilleurs morceaux au monde, croyez-moi !). Et le tout a cette énergie dionysiaque qui transforme la musique en manifestation de ferveur débauchée, en ivresse ridicule et sublime où se mêlent des sentiments contraires, chacun exacerbé le plus possible, afin de s'en délivrer et de s'en aller au lit, l'esprit libéré des obsessions, le cœur délesté des passions. Le dernier morceau a en plus cette élégance anglaise qu'on trouvait aux libertines, histoire de montrer que la romance et la classe dégingandée n'ont pas été oubliées de cet appel aux nuits blanches, scandée par une aimable ménade à la voix stridente.

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the Trials of Van Occupanther (Midlake, 2006)  (Années 2000) posté le mardi 24 octobre 2006 21:14

Hey ! Oui, j'ai mis du temps à reparaître. C'est que les affaires, mine de rien, les affaires, ça occupe. Et encore ! je n'ai pas de maîtresse. J'ai juste en tête des projets de mariage. Il faut que j'y pense à l'avance, même si c'est pour dans deux ans. Une fille -Dieu sait si elle est belle ! mais elle est trop jeune. Malheur à moi ! Je lui ai déjà fait la demande, sur un coup de tête, il n'y a plus qu'à attendre qu'elle devienne majeure- rencontrée sur magicblog -non ! pas grâce aux annonces pornographiques laissées par des publicistes frauduleux sur mon blog.

Trêve de plaisanteries -quoique celle-ci ne soit pas sans agréments- venons-en aux disques, dont mes lectures m'ont détourné ces derniers temps.

Midlake. Trials of van occupanther. On pensait tenir là le disque de l'été. On s'était trompé : c'est le disque de l'automne. La pochette vous met au diapason : branchages nus et sol jonché de feuilles brunes. L'ocre des costumes se fond dans la nature boisée. La musique sera harmonieuse et discrète donc. Pas taciturne pour autant, elle excite les chants lyriques dont nous aimerions parfois véhiculer le souffle. Roscoe est une chanson enivrante de tristesse, épique et exaltée. Dans les profondeurs des forêts, nous errons, armes aux mains, semelles usées ; sur les cimes rocheuses des montagnes solitaires, nous prenons le ciel à parti, pour qu'il rende enfin justice aux quelques millions d'âmes souffrantes que la douleur enivre. Et nous sommes galvanisés par notre propre beauté, que la ferveur croissante de nos sentiments nous renvoient comme en un miroir troublé. Quelle belle âme nous faisons ! Ne riez pas, ne vous crispez pas. Nous avons tous besoin de ces quelques moments d'émotion narcissique, de ces quelques fantasmes de gloire mêlé de tristesses admirables. N'ayons pas peur des mots. Nous avons encore les rêves qui agitaient les plus ridicules fantoches romantiques du XIXème siècle. Il n'y a pas de raison pour que cela change. Je ne suis pas plus intelligent qu'eux et je n'ai pas de raison de croire que vous l'êtes plus que moi.

Par contre, on sera bien en peine de retrouver de telles émotions sur le reste du disque. Head Home est assez grandiloquent lui aussi, quoiqu'un peu trop coulant et fluidifié par une flûte de mauvais goût. Et puis toujours cette voix, figurant avec précision le clône parfait de Thom Yorke...Young bride est incontestablement l'autre grand moment de l'album. Grâce au violon lancinant de l'intro, en grande partie. C'est suffisant, à ce niveau d'émotion, pour rendre le disque indispensable. Mais pour le coup, je n'ai peut-être pas assez peur des mots. Car enfin, si tout cela nous emporte loin des bassesses du monde, à condition qu'on écoute en pleine nuit, ou dans un moment de déprime, il faut reconnaître qu'on use ici des recettes épuisées et qu'on appuie tant et si bien sur la corde sensible qu'il finit par manquer à cet album ce soupçon de virilité qui lui ferait moins honte quand, en pleine journée, dans des conditions d'esprit moins mélancoliques, on décide d'en repasser sa meilleure partie.

C'est typiquement le disque à vocation émotionnelle : on ne l'écoute qu'en certaines occasions, suivant les caprices de nos humeurs, et dans la solitude la plus parfaite. L'instant d'après, ses charmes se dissipent en même temps que nos muscles se raidissent. Les attraits mélodieux qui avaient comme embué nos facultés nous laissent désormais indifférents, tel un rêveur qui, sortant d'un songe délicat, remarque non sans gêne l'absurdité de ces choses factices, tellement éloignées des brutes réalités. Il ne reste alors de ces émotions robustes qui avaient emporté notre cœur, qu'une frêle image, pale et malingre. C'est qu'on reprend des couleurs. On ne peut pas vivre éternellement dans une nature aussi morne, sentant le bois humide et l'indistinction des paysages embrumés . La société des hommes nous appelle. Parfois elle nous rebute, parfois on y court bien vite !

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Empire (Kasabian, 2006)  (Années 2000) posté le samedi 07 octobre 2006 15:05

Kasabian maintenant. Ce n’est pas de la musique, c’est de la vibe. Du bon son, comme on dit sur les radios. Ce genre de production chargée aux hormones, virile et crâneuse, ça plaît beaucoup à 16 ans, moins après la vingtaine. C’est qu’on se fait vieux mine de rien. Leur album est un trublion puissant, massif, martial même. La pochette et le titre de l’album parlent pour lui. Ça sent la guerre, et ce ne sont pas à de simples escarmouches que se livre le groupe mais à des batailles rangées. Comme on ne fait pas dans la dentelle, on sort direct le char et on défonce tout, on écrase les lignes ennemies en roulant sur les barricades écroulées. Le premier morceau déploie  sans fard toute l’artillerie. Une ligne de basse compacte et puissante, une voix de morveux désinvolte. Le groupe sait se faire respecter. Les premières écoutes du coup sont fascinantes. Parce que, quoiqu’on en pense, l’homme est toujours fasciné par la force brute. L’album en impose ; c’est sa grande qualité. La production n’y est pas pour rien. On pourrait croire que kasabian a tout misé sur le son, volumineux et assommant. De la puissance, de la tension, de l’énergie…l’idéal d’un groupe de rock en fait. Les meilleurs y parviennent par leur musique, les autres se reposent sur la capacité des machines à booster les morceaux. C’est ici le cas. Les deux premiers morceaux sont jouissifs, le reste ressemble à un navire militaire puissamment armé et insubmersible. Le coté psychédélique laisse songer à la scène Mandchester (stones roses, happy mondays…), remise à flot pour l’occasion. Une scène dont je me fiche pas mal. La version moderne ne me fait qu’un effet relativement supérieur. C’est juste qu’elle est moderne. Et on aime vivre avec son temps. On passera vite à autre chose, hormis la jeune génération qui pourrait y trouver les émotions brutes qui lui manquent ailleurs. Mais « brut » a deux sens, dont l’un seulement a été considéré : le coté brutal, agressif et le coté naturel, sans retouche. Devinez de quel coté penche kasabian ? Ils frappent dur mais ils ont plombé leurs morceaux de tout un attirail de studio lourdingue et mécanique. On dirait les troufions d’aujourd’hui : des hommes emmurés dans des vêtements encombrants, avec sac à dos, mitraillettes, sac de couchage, casque et tout le toutim. Kasabian a le défaut du dernier album des strokes, du dernier album des datsuns (tout de même excellent) ou des rakes, mais dans une proportion plus importante : la production est puissante mais elle est trop bien huilée, grasse, carrée, machinale. Pas une note qui flanche, pas un doigté, tout juste si on n’aurait pas pu remplacer les quelques guitares par un ordinateur. Il y en a qui aiment, qui y voient l’expression la plus juste de la musique populaire. C’est-à-dire : pas de musique mais de la force. Un autre jour peut-être. Pourtant, deux bonnes surprises concluent l’album. British legion, une chanson triste, digne de Bob Dylan. Et je parle en amateur. Considérant cette merveille, je dois un respect infini au groupe. On ne crée pas une telle chanson par hasard. Le chanteur a réussi un véritable tour de force pour le coup. Sa voix agrippe l’auditeur, le griffe et le caresse en même temps ; elle nous aspire, comme celle du Zim, dans une espèce de faille transversale. Puis, le bouquet final : le dernier morceau se conclue par une trompette fêlée, sur fond de bastille assiégée. On est enfin galvanisé. Pas pour longtemps ; l’album est fini.

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A Hundred Miles Off (the Walkmen, 2006)  (Années 2000) posté le samedi 07 octobre 2006 14:56

Ils n’ont pas changé. On les retrouve tels qu’en eux-mêmes. Avec ces moments de grâce si particuliers, par trois fois atteints : all hands and the cook, lost in boston et le très nostalgique another one goes by. Le reste est chancelant, il fallait s’y attendre. Leithauser imite toujours Bob Dylan, mais la palme lui a été ravie cette année par kasabian, auteur d’un album assez lourd mais illuminé par ce british legion qui vaut les meilleurs moments de Blonde on blonde.

Leithauser quant à lui met toujours dans son chant cet excès d’intensité crispant. Sa voix manque de puissance et de résonance, alors il la force et s’égosille. Mais ce qu’il gagne en écorchure il le perd en mélodie. Il lui manque cette capacité à créer des mélodies vocales fortes et limpides. Par intermittence, il y arrive, le temps de quelques morceaux. Pourquoi ne poursuit-il pas toujours dans la veine de ces quelques réussites éclatantes ? Manque d’inspiration peut-être…Le groupe, derrière, assure plus que d’habitude. Question musique, si tout n’est pas transcendant on ne peut pas dire qu’il y ait de déchets. Le son des guitares, toujours très typé, n’a pas changé. Il est brouillon et liquide, enveloppé d’un magma fluide. A l’occasion, cela pourrait lasser. Mais la maîtrise est devenue telle qu’on s’incline. Le jeu de basse est plus complexe que d’habitude, plus mélodique. Alors que leur précédent disque semblait très inachevé on a ici l’impression d’avoir affaire à des morceaux finis, sans creux, volumineux et ciselés. Musicalement, des progrès ont été faits. Leur premier opus était parfois un peu trop mièvre, ici le lyrisme et la puissance s’accordent sans honte. En vertu de quoi a hundred miles off, quoique j’ai l’air peu enthousiaste, est peut-être leur album le plus concluant. Relative déception compte tenu de l’espoir que je plaçais en eux. Je tiens à en faire part. Reste qu’ils ont une fois de plus créé des morceaux qui ne me quitteront pas. Des chansons qu’on aime sans réserve, comme un fan, qu’on écoute plusieurs jours d’affilé en rêvant, en fantasmant une autre vie et en glorifiant nos tristesses, waiting for something else, waiting for something more…Mais un album entier de la trempe de all hands and the cook, cela ferait quand même plaisir un jour.

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